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Hannah’s Hot Takes – Enfermés : Les votes que les campagnes ne peuvent pas récupérer

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Date: 

avril 22, 2025

Vous détestez faire la queue ? Vous jonglez avec le travail, les enfants, la vie ? Vous n’êtes pas le seul. Il s’avère que de plus en plus de Canadiens votent tôt, sautent le reste du théâtre politique et déposent leur bulletin de vote avant même que le rideau final ne se lève.

Voici la chute : alors que les dirigeants des partis testent encore leurs slogans et ralentissent la mise en œuvre de leurs programmes, les électeurs se manifestent déjà – et scellent l’accord. Pour les campagnes qui comptent sur un sursaut en fin de campagne ? Il est trop tard. Ces votes sont déjà acquis.

Le vote par anticipation n’est plus une commodité discrète. C’est la nouvelle norme, et elle change la donne.

Alors que nous arrivons à mi-parcours de la campagne électorale fédérale de 2025, les chiffres sont éloquents. Selon CBC, plus de 130 000 Canadiens ont déjà voté, soit plus du double du taux de participation à ce stade en 2021. Il s’agissait alors d’une élection de l’ère COVID, mais cette fois-ci, la poussée est motivée par quelque chose de différent. Il s’agit d’une prise de contrôle de la part des citoyens, qui intègrent le vote dans leur vie réelle, selon leurs conditions.

Et la tendance ne se limite pas à quelques électeurs précoces. Environ 40 % des Canadiens votent aujourd’hui avant le jour du scrutin. Cela signifie que des millions de bulletins de vote sont déposés avant que des promesses définitives ne soient faites, que des scandales n’éclatent ou que l’élan ne change. Pour les campagnes qui espèrent atteindre leur apogée tardivement, c’est un problème. C’est un problème. Ces électeurs sont déjà hors d’atteinte et hors de portée.

Cette évolution oblige les partis à repenser la manière dont ils mènent leurs campagnes – non seulement ce qu’ ils disent, mais aussi le moment où ils le disent.

L’ancien manuel de jeu s’articulait autour d’une grande poussée finale, réservant les promesses les plus tape-à-l’œil et les plus grandes révélations de programme pour la dernière ligne droite. Mais si près de la moitié de l’électorat a déjà voté à ce moment-là ? Cette stratégie est une relique qui n’est plus d’actualité.

Et le comble, c’est que les trois principaux partis fédéraux (libéraux, conservateurs et néo-démocrates) n’ont toujours pas publié l’intégralité de leur programme électoral. Et pourtant, les Canadiens se rendent déjà dans les bureaux de vote et déposent leur bulletin sans savoir exactement pour qui ils votent. Il ne s’agit pas seulement d’un risque de campagne, mais d’un rappel que les électeurs évoluent plus vite que les partis qui tentent de les séduire, et qu’ils se décident plus tôt. Et qu’ils se décident plus tôt.

Revenons un instant en arrière.

Lors des élections de 2021, 5,8 millions de Canadiens ont voté par anticipation, soit une augmentation de 21 % par rapport à 2019. Le vote par correspondance a également explosé, avec plus de 700 000 bulletins spéciaux, contre seulement 55 000 deux ans plus tôt. L’âge a également joué un rôle : plus vous êtes âgé, plus vous êtes susceptible de voter par anticipation – et moins vous êtes susceptible d’attendre que le drame politique se déroule dans les derniers jours d’une campagne.

Cette tendance ne se ralentit pas.

Selon un nouveau sondage MQO Research commandé par Global Public Affairs, 51 % des Canadiens déclarent qu’ils voteront probablement avant le jour du scrutin. La confiance demeure élevée – 75 % disent avoir confiance dans le processus de vote par anticipation et 76 % croient que les élections actuelles seront justes et légitimes. Ce n’est pas rien à une époque où la confiance dans les institutions démocratiques est mise à mal dans le monde entier.

Cette année, le vote par anticipation a lieu pendant le long week-end de Pâques, une période propice pour de nombreux électeurs. De nombreux magasins sont fermés, de nombreuses personnes sont en congé, les familles sont réunies et parlent de l’élection, et les débats des deux leaders sont derrière nous. C’est un rare moment de calme pour penser, réfléchir, discuter et voter.

Que vous vous rendiez au gymnase d’une école, au sous-sol d’une église ou au bureau local d’Élections Canada, tôt ou le 28 avril, une chose est sûre :

Les électeurs n’attendent pas. Et les campagnes ? Elles feraient mieux de se rattraper.