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Hannah’s Hot Takes – Premières impressions sur la campagne

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Date: 

mars 31, 2025

Où tout a commencé
En politique, la première impression n’est pas seulement importante, elle est intentionnelle. Le lancement d’une campagne n’est jamais qu’une simple case à cocher sur l’itinéraire de l’équipe chargée des opérations et de la logistique. C’est du théâtre. Il s’agit de signaler les priorités. C’est une stratégie. Les premiers pas de chaque chef de parti en disent long sur leur plan de match et préparent le terrain pour la campagne à venir.

Le lancement en douceur de M. Carney avec une intention bien précise
Le chef libéral Mark Carney n’a pas perdu de temps après sa rencontre avec la gouverneure générale Mary Simon. John’s pour rallier ses partisans avant de se rendre à Gander, à Terre-Neuve. À première vue, il s’agissait d’une visite de rattrapage sur le Rocher, une étape qui avait été supprimée lors de sa course à la direction du parti en raison du mauvais temps. Mais Gander n’était pas seulement un clin d’œil nostalgique. Il s’agissait d’une mise en scène.

En lançant sa campagne dans la ville qui, le 11 septembre, a ouvert les bras aux Américains bloqués et désemparés, M. Carney a lié son message d’ouverture à la coopération mondiale et au spectre du président Donald Trump. Ce n’est un secret pour personne que les libéraux voient de l’oxygène politique dans le fait de maintenir la conversation centrée sur la situation avec notre voisin du sud. Plus les électeurs canadiens se focalisent sur Trump, moins ils consacrent de temps à l’examen de questions telles que l’accessibilité financière, que le chef de file des conservateurs, Pierre Poilievre, maîtrise parfaitement et pour lesquelles il dispose d’un argumentaire solide.

Poilievre joue la carte de la région du Grand Toronto
Le leader conservateur Pierre Poilievre a choisi la taille et le symbolisme en lançant sa campagne avec des rassemblements consécutifs à North York et Brampton, en plein cœur de la région du Grand Toronto (GTA), terrain de bataille. L’Ontario est depuis longtemps un territoire libéral, mais les conservateurs sentent la vulnérabilité. Avec un mince écart de 2,3 points dans la province, M. Poilievre s’adresse aux électeurs néo-démocrates désillusionnés et vise à faire basculer des circonscriptions suburbaines clés dans le 905.

M. Poilievre s’appuie également sur une histoire personnelle puissante : celle de sa femme, Anaida. Née au Venezuela, elle a immigré au Canada à l’âge de huit ans. D’un rassemblement à l’autre, elle n’est pas seulement à ses côtés, elle est souvent au premier plan, le présentant avec chaleur et crédibilité. Elle est l’arme pas si secrète des conservateurs, aidant Poilievre à nouer des liens avec les communautés immigrées du Canada, en particulier dans la région du Grand Toronto, mais aussi ailleurs.

Plus de 3 millions de nouveaux arrivants sont arrivés au Canada depuis que Justin Trudeau est devenu Premier ministre en 2015. Il ne s’agit pas seulement d’une niche démographique. L’ancien ministre du cabinet Harper, Jason Kenny, a déjà établi le plan directeur de la sensibilisation ethnique dans les cercles conservateurs – Pierre Poilievre l’affine pour une nouvelle ère. S’il veut gagner, la route de la victoire passe directement par la région du Grand Toronto.

Singh transpire
À Montréal, le chef du NPD, Jagmeet Singh, s’est retroussé les manches – littéralement. Pendant que les autres chefs de file montaient sur le podium, M. Singh s’est rendu dans un gymnase en plein air, où il a retourné des pneus et fait de la boxe pour les caméras. En cette journée où tout le monde voulait montrer sa force, M. Singh a choisi la voie littérale.

Mais le NPD n’est pas en train de s’assouplir, il se bat pour sa survie. La vague orange de 2011 n’est plus qu’un lointain souvenir. Le Québec, qui était autrefois le cœur de ce mouvement sous la direction de Jack Layton, s’est considérablement refroidi pour le NPD. Le soutien national du parti se situe autour de 11,4 %, mais au Québec ? Seulement 6,8 %. M. Singh s’accroche au dernier siège du parti dans la province. Certaines projections suggèrent que le NPD pourrait terminer avec seulement six sièges. Si M. Singh tombe, il tombera avec fracas.

Le pari bloquiste de Blanchet
Le leader du Bloc Québécois, Yves-François Blanchet, s’est également lancé à Montréal avant de s’installer à Québec – deux centres urbains qui ont historiquement résisté aux avancées du Bloc. Le parti a stagné à 32 sièges en deux élections, et si M. Blanchet veut se développer, il doit conquérir les zones urbaines.

Premier jour et premier arrêt officiel ? Devant le consulat des États-Unis à Québec, il martèle les tensions commerciales. M. Blanchet espère se frayer un chemin dans la conversation avec M. Trump, en tant que porte-parole des intérêts du Québec dans ce désordre. Il ne s’agit pas seulement de souveraineté – il s’agit de rester pertinent dans un récit fédéral de plus en plus dominé par les turbulences de Trump et la réponse nationale à ces turbulences.

Vert, mais pas de croissance
Le Parti Vert est le seul parti à se lancer avec non pas un mais deux (co)leaders, et un parti qui pourrait finir sans aucun leader élu. Elizabeth May et Jonathan Pedneault ont démarré ensemble à Montréal avant de se séparer pour faire campagne dans leurs circonscriptions respectives. Mme May est retournée dans la circonscription de Saanich-Gulf Islands, qu’elle représente depuis longtemps en Colombie-Britannique. M. Pedneault se présentera dans Outremont, un bastion libéral actuellement détenu par la ministre de l’immigration Rachel Bendayan, qui l’a déjà remporté à deux reprises en obtenant plus de 40 % des voix.

Les Verts ne détiennent actuellement que deux sièges et leur score est inférieur à 4 % au niveau national. Ils n’ont pas réussi à tirer parti de l’effondrement du NPD et pourraient ne pas atteindre le seuil de 2 % nécessaire pour conserver leur statut de parti.

Préparer le terrain
Le lancement d’une campagne n’est pas qu’une affaire d’images et de selfies. Ils définissent le champ de bataille. L’acte d’ouverture de chaque dirigeant donne un aperçu de sa stratégie : ses points forts, ses points faibles et le type de campagne qu’il compte mener dans les jours et les semaines à venir.