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Penser de manière « critique » aux opportunités offertes par le secteur minier canadien

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Date: 

mars 3, 2025

Par Catherine Lansley

La plupart des alliés mondiaux du Canada ont établi une liste des minéraux et des métaux qu’ils ont définis comme « critiques ». Ces listes comprennent généralement des minéraux tels que le lithium, les terres rares et les métaux du groupe du platine.

Ici, au Canada, ces minéraux essentiels sont au cœur du plan de développement économique, technologique et climatique de chaque gouvernement, d’autant plus que les différends commerciaux actuels menacent de bouleverser les chaînes d’approvisionnement mondiales. Nous voyons ce récit se dérouler quotidiennement au Canada. Alors que le président américain Trump promet d’imposer un droit de douane de 10 % sur les minéraux essentiels du Canada et un droit de douane de 25 % sur tous les autres secteurs de l’économie canadienne, le Canada s’efforce de domestiquer ses chaînes d’approvisionnement, de renforcer notre capacité à développer les produits dont le Canada a besoin au niveau national, tout en développant les minéraux qui séduisent les nouveaux partenaires commerciaux et les alliés.

Avec les conversations mondiales sur l’importance des « minéraux critiques », il pourrait être naturel de supposer que chaque juridiction mondiale est sur la même longueur d’onde quant à ce qui est ou n’est pas un « minéral critique ». Toutefois, en y regardant de plus près, on s’aperçoit que cette désignation « critique » comporte une grande part de subjectivité et que les listes diffèrent non seulement d’un pays à l’autre, mais aussi d’une province à l’autre. En outre, ces listes ne sont pas statiques, car ce qui figure sur la liste d’une juridiction donnée est susceptible de changer en fonction de la demande, de la dynamique politique, des développements technologiques et, selon le gouvernement du Canada, de « l’évolution des besoins de la société ».

Pour le Canada, un minéral critique est défini sur la base des critères suivants :

  • Peu ou pas de substituts ;
  • Des produits de base stratégiques et quelque peu limités ; ou,
  • De plus en plus concentrés en termes d’extraction et, plus encore, en termes de lieux de transformation.

En outre, la stratégie canadienne sur les minéraux critiques identifie six minéraux critiques distincts (que j’aime appeler minéraux « supercritiques ») pour leur « potentiel distinct à stimuler la croissance économique canadienne et leur nécessité en tant qu’intrants pour les chaînes d’approvisionnement prioritaires » et pour le fait que ces minéraux « représentent la plus grande opportunité d’alimenter la fabrication nationale ». Ces minéraux supercritiques sont le lithium, le graphite, le cobalt, le nickel, le cuivre et les terres rares. Ils ont été choisis en grande partie en raison du rôle clé qu’ils jouent dans les batteries et les technologies climatiques.

De l’autre côté de la frontière, la définition des minéraux critiques des États-Unis repose largement sur la contribution d’un minéral ou d’un métal à la chaîne d’approvisionnement des technologies et de la sécurité énergétiques. L’Australie, autre leader mondial de l’exploitation minière, a dressé sa liste en se basant sur le fait que les minéraux ou les métaux sont « essentiels aux technologies modernes, aux économies et à la sécurité nationale, et dont les chaînes d’approvisionnement sont vulnérables aux perturbations ».

Nous vivons actuellement une période intense de changements politiques. La définition des technologies essentielles peut elle-même changer. Un futur gouvernement conservateur canadien pourrait ne pas considérer le développement rapide de technologies spécifiques, telles que les véhicules électriques, comme une priorité absolue pour le Canada, comme c’était le cas auparavant. Dans le même temps, nos relations actuelles avec les États-Unis suscitent de nouvelles inquiétudes quant aux capacités de défense nationale du Canada ; peut-être que « l’évolution des besoins sociétaux » impose désormais aux applications de défense de jouer un rôle plus important dans ce qui est « essentiel » pour le Canada.

Comme l’ont montré les récents débats sur le leadership libéral, le Canada cherche également à s’aligner sur de nouveaux partenaires commerciaux et de nouvelles chaînes d’approvisionnement. Compte tenu de la dynamique de la présidence Trump, cela sera probablement vrai quel que soit le résultat des prochaines élections fédérales canadiennes. Le secteur minier canadien a ainsi l’occasion de prouver qu’il fournit les matières premières essentielles dont les autres pays ont besoin tout en répondant à la demande intérieure, ce qui permet de multiplier les possibilités d’emploi pour la main-d’œuvre qualifiée, de contribuer à la croissance des économies locales et de soutenir les nouvelles technologies basées au Canada.

Les élections fédérales en cours représentent une excellente occasion de procéder à ce changement.

Dans presque tous les scénarios de gouvernement susceptibles d’émerger des prochaines élections fédérales, nous avons affaire à un gouvernement dirigé par un leader et soutenu par une population de plus en plus favorable au développement domestique que ce que nous avons connu au Canada au cours des dix dernières années.

Cela ouvre la voie aux producteurs de métaux et de minéraux qui ne sont pas actuellement définis comme « critiques » pour saisir le moment et accéder aux opportunités futures, et pour ceux qui sont actuellement définis comme « critiques » pour éduquer le nouveau gouvernement au sujet de leurs contributions à l’économie canadienne. Les grands changements offrent de grandes opportunités, et il est temps pour la chaîne d’approvisionnement minière du Canada de réfléchir une fois de plus à la manière dont elle peut saisir l’occasion qui se présente.