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Hannah’s Hot Takes – De l’identification des électeurs au GOTV : Le harcèlement démocratiquement sanctionné

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Date: 

avril 25, 2025

Au cours de la dernière semaine d’une campagne, l’air s’épaissit. Le rythme s’accélère. Les nerfs sont à vif. Et soudain, chaque fois que l’on frappe à une porte ou que l’on entend un appel téléphonique, il ne s’agit plus d’une simple visite de courtoisie, mais d’une frappe tactique. C’est le moment où les campagnes passent de la persuasion à l’exécution.

C’est ce qu’on appelle Get Out The Vote – ou GOTV – et, en politique canadienne, ce n’est pas seulement le sprint final. C’est le moment où les campagnes cessent d’essayer de vous charmer et commencent à s’assurer que vous vous présentez pour exercer votre droit démocratique. Car le calcul est simple : identifiez vos électeurs, mobilisez-les et priez pour qu’ils ne vous abandonnent pas aux urnes.

Je l’ai vu de près : des campagnes bien installées dans les sondages qui paniquent lorsque les chiffres se resserrent, tandis que des campagnes de longue haleine surgissent de nulle part avec des opérations de terrain qui s’enflamment soudainement. Le GOTV n’est pas une activité glamour – c’est un travail de sueur, sans sommeil, sans relâche. Mais c’est là que les élections sont gagnées. Ou perdues. Soit vous savez qui sont vos électeurs et comment les faire sortir, soit vous ne le savez pas.

Qu’est-ce que le GOTV ? Et pourquoi est-il plus important que jamais dans cette élection ? Tirons le rideau sur la dernière semaine d’une campagne. C’est à ce moment-là que la démocratie devient pressante. Votre téléphone s’emballe, on frappe à votre porte et les courriels (et maintenant les textos) affluent dans votre boîte de réception. C’est à ce moment-là que la stratégie se transforme en muscle et, si elle est bien menée, elle peut donner des résultats impressionnants.

GOTV : L’art pas si subtil de la pression

Les campagnes électorales aiment à dire qu’elles font du « porte-à-porte ». Voici ce que cela signifie en réalité : des bénévoles armés de données – votre nom, votre adresse et une assez bonne idée de votre vote – battent le pavé et cochent des cases. La demande est décontractée : Pouvons-nous compter sur votre soutien ?

Mais ne vous y trompez pas : il ne s’agit pas d’une visite amicale sous le porche, mais de la première étape de l’identification des électeurs.

Vous êtes désormais enregistré dans une base de données du parti, étiqueté avec vos préférences et classé pour un suivi ultérieur. Le vrai jeu, c’est l’efficacité : trouvez vos interlocuteurs, marquez-les et revenez quand c’est le moment.

À l’ouverture des bureaux de vote, cette base de données devient un atout pour la salle de guerre. Vous recevrez des prospectus contenant vos coordonnées électorales avant même d’avoir pu les rechercher sur Google. Vous avez besoin d’un chauffeur ? Nous avons des bénévoles ! Vous voyagez ? Voici l’adresse du bureau de vote où vous pouvez voter.

Soyons réalistes : Le GOTV est un harcèlement démocratiquement sanctionné. Et cela fonctionne.

Une machine GOTV bien huilée sait exactement qui chasser. Les jours de vote par anticipation et le jour J lui-même, les équipes de campagne récupèrent les « feuilles de bingo » d’Élections Canada : des listes en temps réel des personnes qui ont déjà voté. De cette façon, elles ne perdent pas de temps avec les personnes qui ont déjà voté.

Dans une course serrée, lorsque la victoire peut se jouer à quelques centaines de voix ? C’est ce qui fait la différence entre gagner le siège ou le voir s’échapper.

Le travail de terrain des conservateurs : Des Blackberrys aux urnes

Autrefois, les conservateurs géraient leurs opérations d’identification des électeurs et de propagande électorale par l’intermédiaire du CIMS – le système de gestion de l’information sur les électeurs – qui, en 2021, ressemblait davantage à l’âge de pierre numérique. L’autopsie post-électorale réalisée par l’ancien député du PCC James Cumming a révélé que le système était obsolète, encombrant et mieux adapté à l’ère du BlackBerry et de l’accès à Internet par ligne commutée.

Le CPC a opéré un virage numérique. Il a abandonné CIMS au profit d’Engage, une plateforme moderne et élégante conçue pour 2025 et non pour 2005. Fort de deux années de collecte de fonds record, le PCC a investi des sommes considérables dans des outils qui permettent de remporter des courses. Et dans les circonscriptions où la bataille fait rage, la différence se joue souvent sur la discipline en matière de données.

Mais le logiciel n’est que la moitié de l’histoire. Le véritable avantage du CPC ? Une armée de bénévoles gonflée à bloc. Les campagnes conservatrices ont bénéficié d’une vague d’énergie de la part de la base – personnes qui frappent aux portes, personnes qui font du démarchage téléphonique, personnes qui font de l’analyse de données – dont beaucoup sont plus motivées que jamais. Cette campagne de terrain n’est pas seulement robuste. Elle est implacable.

Et personne ne l’a mieux compris que le leader conservateur Pierre Poilievre. Sa campagne à la direction du parti a été un véritable chef-d’œuvre en matière de mobilisation des électeurs. Lorsqu’Élections Canada a exigé que les électeurs votant par correspondance présentent une pièce d’identité, son équipe n’a pas bronché – elle a fait venir des imprimantes et des scanners directement au domicile des électeurs. Lorsqu’il ne restait plus de temps pour envoyer les bulletins de vote par la poste ? Les députés ont chargé les bulletins scellés dans des valises et des bagages à main et les ont littéralement transportés jusqu’à Ottawa. Aucun vote n’a été oublié.

Ils ont même réussi à transformer l’engagement numérique en véritables bulletins de vote – un exploit rare à une époque où les clics sont rarement convertis. Résultat ? La machine de Poilievre ne se contente pas de faire campagne. Elle exécute.

Parti libéral : La fuite des cerveaux sous l’App

Pendant des années, le jeu numérique de terrain des libéraux a tourné autour de MiniVan – unoutil de démarchage mobile
né à l’époque d’Obama et rendu prêt pour la campagne canadienne par Tom Pitfield, aujourd’hui stratège en chef de la campagne de Mark Carney. En 2019, c’était de l’or politique pur : des données sur les électeurs au bout des doigts des bénévoles, un suivi en temps réel et des analyses au niveau de la rue qui ont donné au parti une précision chirurgicale le jour J.

Mais cette fois-ci ? Le terrain est différent et plus accidenté.

Alors que le jeu de terrain des conservateurs prend de l’ampleur, les libéraux font face à une situation qu’ils n’ont pas connue depuis trois campagnes : un exode discret.
Les cerveaux qui ont construit la machine libérale sur le terrain sont partis ou se sont éparpillés. Lorsque la durée de vie politique de Justin Trudeau a commencé à se faire sentir, les principaux agents ont commencé à s’éclipser. Certains sont partis, d’autres se sont épuisés après une décennie dans les tranchées.

L’une des plus grandes pertes ? Jeremy Broadhurst, le maître d’œuvre de la stratégie GOTV des libéraux en 2019. La campagne sur le terrain était impressionnante : 90 000 bénévoles, 14 millions de contacts avec les électeurs et un système si perfectionné qu’il permettait de suivre le soutien bloc par bloc.

Aujourd’hui ? Le système existe toujours. Mais beaucoup de ceux qui savaient le conduire ne le font plus.

Alors que les libéraux entrent dans la dernière ligne droite de la campagne, ils disposent d’outils puissants mais d’une force plus faible. Ce qui a été décrit par Nik Nanos comme « l’une des opérations les plus sophistiquées et les plus ciblées localement que ce pays ait jamais connues » montre aujourd’hui des fissures. Les données sont toujours là, mais leur qualité dépend de l’équipe qui les utilise.

Quels sont les enjeux ?

Les sondages étant stables, la question n’est pas de savoir qui gagne la guerre aérienne, mais qui est capable d’atterrir sur le terrain. Les libéraux peuvent-ils encore conclure l’affaire avec une opération de terrain allégée ? Ou la machine conservatrice, plus maigre et plus méchante, parviendra-t-elle à les dépasser dans la dernière ligne droite ?

Dans les circonscriptions de basculement, la différence entre un siège gagné et un siège perdu peut être de 200 voix ou moins. Ce n’est pas un problème de plate-forme. C’est un problème de participation.

Les conservateurs se sont engagés et font feu de tout bois. Les libéraux ? Ils tentent de relancer une machine à voter qui n’est peut-être plus aussi bien huilée qu’elle l’était auparavant.

Et dans une campagne comme celle-ci, lorsque les marges se réduisent, les feuilles de calcul sont importantes. Si vous ne faites pas de GOTV, vous allez GTFO.